Agir pour la jeunesse au Kurdistan irakien

Par France Libertés

[ CONSTAT ]

Deux millions de réfugiés et de déplacés vivent dans des camps au Kurdistan irakien

Le Kurdistan est à cheval sur quatre pays : la Turquie, l’Iran, la Syrie et l’Irak. Le Kurdistan irakien est une région autonome, confrontée depuis plusieurs années à une vague sans précédent de réfugiés (venus de Syrie) et de déplacés (venus du reste de l’Irak). On estime leur nombre à 2 millions de personnes environ, dont plus de 500.000 enfants.

Ces personnes vivent dans des camps ; il y a actuellement 49 camps de réfugiés et de déplacés dans la région, qui accueillent en moyenne entre 7.000 et 15.000 personnes chacun. Les plus grands d’entre eux peuvent même accueillir 30.000 personnes. Le camp de Bardarash par exemple accueille 12.000 personnes dont 5.000 enfants. Il comporte deux écoles et un hôpital.

 

[ ENJEUX ]

Répondre aux besoins psychologiques pour endiguer les traumatismes

Les enfants bénéficient de trois heures d’école par jour dans les camps, et sont souvent livrés à eux-mêmes le reste du temps. L’isolement et l’inactivité peuvent engendrer des souffrances telles que de l’agressivité, des difficultés de mémoire et de concentration, de l’anxiété, des troubles du langage ou encore des troubles alimentaires, qui s’ajoutent aux traumatismes des conflits et de l’exil. Les enfants deviennent des cibles privilégiées de recruteurs et de mouvements extrémistes et terroristes.

Pour beaucoup d’adultes, pourtant qualifiés et motivés, se retrouver sans activité génère de la frustration. Leurs conditions de vie les incitent à la passivité et au repli, avec le risque de souffrances psychiques importantes.

Depuis plusieurs années, les ONG humanitaires expriment leur incapacité à répondre à l’ensemble des difficultés des populations accueillies. Les besoins psychologiques et sociaux sont conséquents et il est nécessaire d’endiguer les traumatismes au plus vite pour un retour à une vie équilibrée.

Après l’urgence, retrouver des activités constructives est la seule voie de résilience.

 

[ SOLUTIONS ]

La résilience par l’éducation et la formation

Forte de son implication historique au Kurdistan, la Fondation France Libertés a décidé de mettre en place deux actions complémentaires avec l’aide de l’Agence française de développement (AFD):

  • un programme de formation pour les adultes ;
  • des activités pédagogiques pour les enfants.

 

© France Libertés

 

Chaque année, France Libertés et la Fédération Léo Lagrange organisent trois sessions de formation d’animateurs dans trois camps de réfugiés et de déplacés. Les participants sont issus des camps et recrutés en tenant compte d’une bonne mixité en genre et en origine. Ils sont rémunérés et mettent en œuvre des activités d’éducation populaires auprès des enfants dans les camps pendant une année. Ils sont accompagnés au quotidien par l’équipe de France Libertés sur place. Ce programme de formation contribue à la structuration sociale des camps par la motivation et la participation des réfugiés eux-mêmes.

En parallèle, des formateurs kurdes experts en activité jeunesse sont formés. Ils seront donc à leur tour en capacité de former d’autres jeunes kurdes à l’animation. L’objectif ? Un impact sur le long terme via la démultiplication de formation d’animateurs au Kurdistan grâce à cette génération de personnes formées.

Ces deux parcours (animateur et formateur) aboutissent à un diplôme certifié par le gouvernement régional du Kurdistan.

Les enfants, eux, participent à des activités d’expression (théâtre, slam, danse, activités physiques),  de coopération, prévention et d’éducation périscolaire. Ils initient et participent à  des projets collectifs. Les méthodes pédagogiques utilisées sont innovantes et permettent à l’enfant d’être acteur de son apprentissage.

Les activités sont réalisées avec des moyens modestes en s’inspirant des jeux et traditions locales. Elles prennent en compte les difficultés et besoins des différents camps (besoin en eau, en énergie, gestion des déchets…). Plus qu’un temps de loisirs, ces activités permettent aux enfants de s’évader de leur quotidien, de se reconstruire et de se projeter dans le futur. De plus, elles contribuent à diminuer les tensions entre les communautés, qui s’accroissent dans la région.

 

Il est possible de faire un don pour lutter contre les causes et les conséquences des déstructurations psychosociales et remettre de la vie dans ces camps du Kurdistan irakien.
Seules l’éducation et la formation peuvent permettre de construire la résilience et contribuer à bâtir une paix durable au Kurdistan irakien.

 

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