Commerce équitable et travail décent

Par la Fédération Artisans du Monde

[ CONSTAT ]

L’économie mondiale, un modèle déséquilibré et inégal

Aujourd’hui, 1 milliard de personnes souffrent de la faim et les deux tiers d’entre elles sont des travailleur.euse.s agricoles qui vivent dans les pays en développement. Ainsi, parmi les personnes qui souffrent de la faim, 70% produisent des denrées alimentaires mise en vente sur les marchés occidentaux sans pour autant en tirer un salaire décent.

Prenons l’exemple de la banane : sur le prix de vente au détail d’une banane en supermarché, les supermarchés touchent 41 % alors que les producteur.trice.s n’en touchent que 7 % ce qui ne leur permet pas de vivre dignement de leur travail.

En plus de générer de la pauvreté, les productions agricoles conventionnelles sont très polluantes et ce sont les paysan.ne.s qui en sont les premiers touchés. En effet, pour certaines récoltes comme la banane, les pesticides sont épandus par avion pendant les heures de travail des producteur.trice.s qui n’ont pas de protection, ce qui a des conséquences dramatiques sur leur santé : intoxications, allergies,  problèmes respiratoires et, à plus long terme cancers, problèmes cardiaques, etc. De manière plus générale, les travailleur.euse.s dans les plantations sont aussi les premières victimes du réchauffement climatique : inondations, baisse de la productivité dûe à la prolifération de maladies dans les récoltes, etc.

[ ENJEUX ]

Développer des pratiques agricoles et commerciales plus justes et respectueuses de l’environnement

Le commerce international génère de fortes inégalités entre les différents acteurs économiques (grande distribution, producteur.trice.s, etc.) dûe à la spéculation et au profit privé. Cette spéculation est d’autant plus présente dans les marchés agricoles (cacao, café). La dérégulation de ces marchés ne permet pas aux producteur.trice.s marginalisé.e.s du Sud d’avoir des prix rémunérateurs pour vivre de leurs récoltes et engendre donc de la pauvreté aussi sein des pays producteurs. Face à cette situation, il est urgent de développer des pratiques agricoles et commerciales plus justes et respectueuses de l’environnement afin de réduire ces inégalités et cette pauvreté.

 

[ SOLUTIONS ]

Le commerce équitable réajuste les inégalités et contribue à la lutte contre le réchauffement climatique

L’objectif principal du commerce équitable est de modifier les pratiques du commerce international en agissant sur ses causes (les règles en vigueur) et ses conséquences à savoir les inégalités et la misère des producteur.trice.s. Artisans du Monde, mouvement associatif et militant qui défend un commerce équitable exigeant, agit sur trois piliers pour répondre à cet objectif : la vente de produits équitables et majoritairement bios, l’éducation des citoyen.ne.s au fonctionnement du commerce mondial, et des actions de plaidoyer pour contribuer à changer les règles de ce commerce inéquitable.

Artisans du monde s’inscrit dans les dix principes fondamentaux du commerce équitable de l’organisation mondiale du commerce équitable (WFTO) :

  • Créer des opportunités pour les producteurs désavantagés
  • Transparence et responsabilité
  • Pratiques commerciales équitables
  • Le paiement d’un prix juste
  • Pas de travail forcé ni des enfants
  • Pas de discrimination, égalité des genres, liberté d’association
  • Bonnes conditions de travail
  • Développement des compétences
  • Promotion du commerce équitable
  • Respect de l’environnement


Les principes du commerce équitable répondent de plus à trois objectifs de développement durable :

→ CONsommation et production durables

Les pratiques agricoles promues par les acteurs du commerce équitable sont plus respectueuses de l’environnement que les cultures conventionnelles, par exemple, le cacao équitable se base généralement sur l’agroforesterie, pratique agricole qui associe les arbres, les cultures et/ou les animaux sur une même parcelle agricole. Cette pratique a plusieurs avantages : elle protège les sols et les rends plus fertiles. Cette pratique permet donc à la fois de maintenir l’équilibre de l’écosystème et constitue une meilleure garantie économique pour le producteur.

Outre l’agroforesterie, 60 % des produits équitables sont également bio, c’est à dire sans OGM, ni pesticides. C’est plus particulièrement le cas chez Artisans du Monde, où 85 % de ses produits sont bios en plus d’être équitables.

→ travail décent et croissance économique

L’essence même du commerce équitable est de garantir une juste rémunération des travailleur.euse.s, c’est-à-dire le paiement d’un prix juste qui ne varie pas en fonction des marchés boursiers, qui couvre les coûts de production et permet ainsi aux producteur.trice.s d’avoir un revenu décent. En outre, les paysan.ne.s travaillent dans un environnement sain et sûr ; Les organisations de commerce équitable veillent aussi au respect des droits des enfants afin d’assurer que la participation éventuelle des enfants dans les processus de production des produits équitables n’aillent pas à l’encontre de leur bien-être, de leur sécurité, de leurs éducations éducatives, et de leur besoin de jouer.

→ inégalités réduites

La juste rémunération des paysan.ne.s permet de réajuster les inégalités dont ils sont victimes dans le commerce conventionnel. Le but du commerce équitable est justement de créer des opportunités pour ces paysan.ne.s qui sont économiquement désavantagé.e.s ou marginalisé.e.s par le commerce mondial.

→ EN SAVOIR PLUS SUR LA FÉDÉRATION ARTISANS DU MONDE

 Sources :

  • Actionaid
  • PFCE
  • WFTO (organisation mondiale du commerce équitable)
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