Coopérer pour entreprendre dans le secteur culturel

Par la CAE CLARA

[ Constat ]

Transformation des modes d’entreprendre : avantages et inconvénients de l’auto-emploi

Est-ce un effet de mode, une réponse aux évolutions de la société ou un besoin de préparer un nouveau modèle d’entreprise face aux évolutions à venir ?

Ces dernières années, la tendance a révélé une importante augmentation des travailleurs dits « entrepreneurs ». Selon le Panorama de l’entrepreneuriat 2015 de l’OCDE, les taux de création d’entreprise sont à la hausse depuis 2009, notamment grâce aux effets incitatifs du régime des auto-entrepreneurs. La liberté d’action dans le travail et l’esprit d’indépendance ont le vent en poupe ! En effet, entreprendre implique d’adopter une nouvelle représentation du travail, défendre ses ambitions, être multi-tâches, pugnace ; c’est un véritable engagement professionnel mais aussi humain.

De même, dans le secteur culturel, le souhait de développer un projet économique et artistique combiné à la récurrence de la multi-activité, pousse un nombre croissant de professionnels vers une démarche entrepreneuriale. Le secteur se trouvant régulièrement congestionné d’un point de vue économique, cette démarche apporte un dynamisme nouveau.

Ainsi, cet essor de l’entrepreneuriat fait émerger d’autres perspectives et tend à questionner le modèle classique de l’emploi. En effet, de nombreux individus recherchent dans l’entrepreneuriat une utilité sociale, un engagement, qu’ils ne retrouvaient pas forcément dans un autre modèle professionnel. On constate ainsi que la démarche de développement d’activité se retrouve de plus en plus étroitement liée à l’intérêt général et bouscule les codes établis. Agir pour soi mais aussi pour des projets sociétaux, voilà l’idée que défendent des entrepreneurs toujours plus nombreux.

Mais l’entrepreneuriat implique aussi des situations difficiles. En effet, souvent isolé dans son activité, l’entrepreneur est soumis à la dure loi du marché, aux exigences de l’administration, au besoin d’être accompagné, à la difficulté à accéder aux financements et se retrouve régulièrement en concurrence avec ses pairs. La collaboration peut alors apparaître complexe.

[ ENJEUX ]

La coopérative d’activité et d’emploi : l’articulation d’une démarche individuelle à une dynamique collective

La création de micro-entreprises se trouve ainsi à la fois tirée par l’aspiration croissante d’une fraction de la population à une activité professionnelle autonome et responsable et poussée par des stratégies d’entreprises visant à exploiter de nouveaux gisements de flexibilité et de réduction des coûts. Comment la pratique collaborative liée aux mutualisations de moyens et des modes de travail permet-elle une émancipation entrepreneuriale en contrant les effets de la compétition ? Comment envisager un nouveau modèle économique et de nouvelles formes de collaborations?

Entreprendre pour soi, pour répondre à des intérêts sociaux ou sociétaux qui nous sont chers, mais aussi coopérer pour entreprendre dans une dynamique professionnelle, économique et créative. Tout ce qui se partage est foisonnant. Pourquoi pas aussi pour l’entrepreneuriat ?

Depuis 1998, les Coopératives d’Activité et d’Emploi (CAE) expérimentent ce modèle et en 2014, un premier pas est fait : la loi Economie Sociale et Solidaire (ESS) est adoptée. Le développement de l’auto-emploi supposait une adaptation des pratiques, du cadre juridique du travail et de la protection sociale. La loi ESS inscrit alors un nouveau mode d’entrepreneuriat dans un cadre législatif. Les CAE sont les plus récents modèles entrepreneuriaux reconnus en France par la loi. Il s’agit de regroupements économiques d’entrepreneurs solidaires. En bénéficiant d’un cadre juridique sécurisé et d’une gestion administrative, fiscale et comptable mutualisée, l’entrepreneur acquiert le statut d’Entrepreneur-Salarié-Associé et peut développer son activité dans un environnement stable. En outre, les CAE sont aussi un espace de partage, de solidarité, de travail en collectif et de retours d’expériences précieux pour les entrepreneurs qui les composent. Les CAE représentent donc un enjeu fondamental : concilier métier, passion et espace social sécurisant.

Ainsi, depuis la loi ESS de 2014, de nouvelles perspectives se mettent en place pour les CAE. Certains secteurs sont malgré tout en recherche d’un fonctionnement adapté à leurs particularités. C’est le cas du secteur culturel qui nécessite une approche particulière en termes de modèle économique et collaboratif.

[ SOLUTIONS ]

CLARA, 150 entrepreneurs culturels, salariés-associés d’une même coopérative

Depuis dix ans, la CAE CLARA – Coopérative d’Activité et d’Emploi spécialisée dans le secteur culturel – donne du sens à l’entrepreneuriat. Les entrepreneurs peuvent en effet créer et développer une ou plusieurs activités professionnelles grâce aux mutualisations et à un modèle collaboratif adapté au secteur culturel. Prendre des risques pour entreprendre est une réalité mais y intégrer la passion, retrouver une forme de liberté et une créativité épanouissante doit aussi être cultivé.
Basée à Paris, la CAE CLARA est une SCOP (société coopérative et participative) ; la gestion y est démocratique et sans but lucratif. Les SCOP sont en effet les seules formes de coopératives dans lesquelles les associés sont des salariés. Évoluant au sein d’un collectif, c’est aussi l’occasion pour les entrepreneurs de s’impliquer dans une structure partagée entre salariés, de redonner du sens à un modèle économique et un mode de relations autonome et engagé entre membres du collectif : entrepreneurs-salariés-associés.

La CAE CLARA est composée de 150 entrepreneurs qui partagent des outils, des moyens, des experts, un cadre juridique et administratif, pour mieux se concentrer sur leurs activités professionnelles et découvrir de nouvelles synergies de projets. La motivation qui pousse des entrepreneurs à coopérer est valorisée, interrogée et toujours renouvelée. Un modèle collaboratif innovant qui permet à chacun de prendre part dans un collectif de professionnels, de se positionner comme acteur économique de la société et membre engagé dans une entreprise coopérative démocratique. Sa performance économique et celle de tous les entrepreneurs de son collectif ont été récompensées en octobre 2016 par le prix de la « performance économique durable » décerné par la présidente du Conseil national des Chambres régionales de l’Économie sociale et solidaire (CNCRESS), en présence de la ministre de l’Économie sociale et solidaire Martine Pinville. Il reste maintenant à faire connaitre ce modèle qui répondra rapidement aux évolutions du travail de notre société en changement ; alors pourquoi pas ensemble et pourquoi pas en SCOP pour entreprendre ?

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