Des équipes citoyennes contre l’isolement

Par MONALISA

[ CONSTAT ]

La « pauvreté en relation »

La « pauvreté en relation », autrement dit l’isolement social dont souffrent aujourd’hui 5 millions de Français est une nouvelle misère de nos sociétés développées, elle majore toutes les autres pauvretés, dégrade la santé, creuse les inégalités, isole et désespère. L’isolement social est devenu massif pour les plus âgés mais il augmente aussi pour tous les âges de la vie. Il frappe premièrement les plus fragiles et les plus pauvres d’entre nous.

1,5 million de personnes de plus de 75 ans vivent aujourd’hui en France dans une solitude qu’elles n’ont pas choisie. Si nous ne faisons rien elles seront 4 millions dans 20 ans ! L’isolement social est devenu un nouveau risque social, un enjeu de santé publique et de cohésion nationale.

Notre société tient sur un socle d’engagements individuels et collectifs souvent invisibles ou sous valorisés. Les engagements désintéressés et bénévoles fondés sur les échanges interpersonnels forment une richesse immatérielle d’un prix inestimable. La raréfaction de ces écosystèmes de relations engagées est une des principales causes de la fragilité de notre cohésion sociale.

 
[ enjeux ]

Conforter le modèle républicain

Sans liberté, sans égalité et sans fraternité en actes, l’adhésion à notre modèle social et à la République se fragilise et ses fondements solidaires risquent d’être remis en cause par les citoyens eux-mêmes qui n’en comprennent plus le sens. Sans engagements mutuels, fraternels, concrets, proches et vivants qui reconstituent un terreau riche de liens entre nous et qui fait que l’on compte les uns pour les autres et les uns sur les autres, notre société perd peu à peu conscience d’elle-même.

Alors que notre pays traverse, avec l’Europe et le monde, une période marquée par l’incertitude et de profondes transitions, il nous faut réaffirmer la centralité du fait associatif.

Le fait associatif est un principe fondateur de notre société. De sa vitalité dépend la résilience de notre société, sa capacité à se renouveler, à s’adapter mais aussi à imaginer et préfigurer une société à venir. Au cœur du fait associatif germent les forces sociales d’aujourd’hui et de demain.

Le fait associatif sert la République lorsqu’il s’inscrit dans ses valeurs, la liberté des citoyens de s’associer et celle de se désengager, l’égalité des citoyens à peser sur les décisions et à assumer des rôles au sein des collectifs dans lesquels ils s’engagent et la fraternité qui s’y vit.

Le fait associatif porte une finalité autour du lien social qui dépasse toutes les causes d’intérêt collectif et rassemble le monde associatif.

 

Le fait associatif crée du lien social dans la proximité.

 

La perte de confiance des Français est associée à une espérance renouvelée : celle que chacun a entre les mains les capacités de changer le monde par son engagement.  Mais le fait associatif est-il toujours vivace pour les accueillir au cœur des organisations et des projets de nos associations ?

Le monde associatif, et le Mouvement Associatif qui est son porte-voix, ont vocation à accueillir et soutenir l’associativité citoyenne et à promouvoir des politiques publiques qui en garantissent l’accès à tous et en facilitent l’exercice.

 

[ SOLUTIONS ]

Les « équipes citoyennes »

En janvier 2014 est née une mobilisation nationale contre l’isolement des âgés (MONALISA).

Des milliers de citoyens s’engagent et agissent ensemble. La mobilisation rassemble ceux qui font cause commune et contribuent avec leurs moyens à soutenir l’engagement des citoyens. Des coopérations s’organisent au niveau national, départemental et local pour ancrer la mobilisation dans les territoires et dans le temps.

Après trois ans, plus de trois cent organisations et la moitié des départements se sont engagés. Les signataires se sont dotés d’une charte commune de « l’équipe citoyenne » qui favorise les initiatives portées par les habitants, dans leur quartier, leur village, leur ville et facilite l’engagement républicain pour la fraternité.

 

184 équipes citoyennes agissent aujourd’hui.

 

Cette intuition portée par MONALISA autour de « l’équipe citoyenne » converge avec d’autres engagements civiques, associatifs et humanitaires de citoyens qui portent des actions très diverses mais tendent partout vers la même forme : volontaire, proche, collective et autonome.

Il s’agit de rendre les engagements solidaires accessibles à tous et retisser les liens sociaux, chacun agissant par le biais d’une « équipe citoyenne » de  quartier dans le respect des cultures, des projets et des diversités associatives.

Une véritable politique publique pourrait alors articuler les formes collectives d’engagement – les « Equipes citoyennes » – et les formes individuelles d’engagement soutenues par l’Etat – Le Service civique et la Réserve civique.

Ce mouvement pour et d’une société civile engagée n’est pas une réponse palliative à la pénurie financière et ne doit pas servir de prétexte au désengagement de l’État.

C’est un choix fondamental de société motivé par l’urgence et par la profondeur des bouleversements en cours.

 

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