Pour un égal accès aux loisirs éducatifs, vecteur de vivre-ensemble

Par la Jeunesse au Plein Air

 

[ CONSTAT ]

Ne pas partir en vacances : un facteur de creusement des inégalités

À chaque rentrée scolaire, tout enfant prend du plaisir à raconter ses plus beaux souvenirs de vacances. Il peut décrire ses découvertes de nouvelles activités, de nouveaux lieux, de nouvelles cultures et des nouveaux amis qu’il se sera fait.

À l’inverse, les enfants qui ne partent pas en vacances, dont notamment 50 % des enfants des familles les plus modestes, n’auront pas d’expérience aussi valorisante à partager. Ces jeunes n’auront pas quitté leur domicile pour une durée d’au moins quatre jours.

Face à leur désœuvrement, nous constatons que 34 % des enfants dont les parents sont ouvriers partiront en vacances cet été ; ce taux monte jusqu’à 46 % pour les enfants d’agriculteurs.

La condition économique des parents ne devrait pas déterminer l’accès aux vacances et plus largement l’accès aux loisirs des enfants. Ce phénomène contribue à un creusement des inégalités entre ceux qui pourront vivre de nouvelles expériences et ceux qui n’auront pas la chance de mobiliser l’expérience des vacances dans la construction de leur parcours de vie.

En même temps, le sentiment de déclassement aboutit à un phénomène d’autocensure chez les plus précaires qui vont considérer que les vacances ne sont pas pour eux.

Le combat à mener est donc double. D’une part, il faut agir sur le coût des séjours pour permettre une accessibilité plus grande, et d’autre part, faire tomber les barrières psychologiques liées au départ en vacances. Les colonies, en offrant aux enfants et aux jeunes une ouverture au monde durant le temps extrascolaire, permettent de rompre ces barrières.

 

[ ENJEUX ]

Permettre aux plus précaires d’accéder aux loisirs éducatifs, créateurs de lien social !

Il s’agit prioritairement de lutter contre une situation inégalitaire qui touche d’abord les jeunes vivant dans des quartiers défavorisés ou des zones rurales éloignées. Ce non-départ en vacances de futurs citoyens montre bien que l’égalité n’est toujours pas acquise.

Favoriser le départ en vacances de ces jeunes, c’est leur permettre de sortir de leur quotidien, de s’ouvrir au monde et de se confronter à d’autres réalités.

Il s’agit également de reconnaître que les colonies de vacances, et plus largement les loisirs éducatifs, jouent un rôle primordial dans l’apprentissage de la citoyenneté et dans le développement du vivre-ensemble.

Permettre à tous les enfants de vivre durant leur temps libre une expérience éducative et pédagogique tout en s’amusant, c’est aussi favoriser leur participation participent à la construction d’une société plus ouverte, égalitaire, solidaire et citoyenne.

Les loisirs éducatifs ont un impact social important car ils constituent des espaces à l’intérieur desquels les enfants et les jeunes pourront apprendre tout en s’amusant. Ce sont autant de moments qui permettent d’agir sur la construction du vivre-ensemble, l’organisation d’une vie en collectivité, le développement du lien social, l’initiation aux règles d’une alimentation saine, traduire en pratique le principe de laïcité, participer à une activité collective de manière démocratique et découvrir de nouvelles activités qu’ils n’auraient pas eu la chance ou l’idée de pratiquer.

 

[ SOLUTIONS ]

Partir en colo avec le dispositif  » École Ouverte », un levier pour plus d’égalité

Ce projet vise à proposer une semaine de colonie à des élèves vivant dans des zones urbaines et rurales défavorisées ou dans des contextes économiques et sociaux difficiles, exclus du départ en vacances. L’établissement scolaire propose à des familles d’inscrire leur enfant en colonie de vacances, favorisant ainsi la complémentarité éducative en inscrivant les activités extrascolaire en continuité de l’expérience vécue à l’école ou au collège dans un cadre ludique et bienveillant.

Ce dispositif permet de lever le frein économique des familles en subventionnant la quasi-totalité du coût du séjour, la participation restante étant de quatre euros par jour et par enfant. Le financement des séjours est issu de la collecte menée par la Jeunesse au Plein Air (JPA) dans le cadre de sa campagne de solidarité.

Par ce biais, il s’agit de réduire la fracture éducative en donnant la chance aux jeunes qui ne seraient pas partis en vacances de vivre cette expérience, contribuant également à une meilleure égalité des chances.

Le dispositif permet un lien inédit entre, les familles, les organisateurs de séjours, les établissements scolaires et la JPA. Au-delà de l’aide financière, l’accompagnement de la JPA auprès des familles est essentiel et permet de lever les nombreux freins psychologiques et culturels au départ des élèves. La relation de confiance familles/établissements scolaires et l’adhésion de ces derniers sur l’intérêt éducatif des colos concourent à lever certains points de blocage et à permettre, notamment, le départ en séjours de nombreuses filles.

 


Cette démarche permet par ailleurs de favoriser l’intégration sociale, culturelle et le vivre-ensemble des enfants et des jeunes par le choix des colos participant à ce dispositif.
Ces colos sont choisies pour leur projet pédagogique, découlant du projet éducatif des structures, appartenant toutes au secteur de l’économie sociale et solidaire.

À ce titre, l’expérience de la mixité sociale doit être au cœur du projet en proposant aux enfants de rejoindre des séjours préexistants et pour des groupes limités en nombre. Ce choix permet de mettre en relief l’apport des temps extrascolaires dans l’amélioration des relations entre jeunes et adultes, dans l’établissement d’un climat de confiance et dans la lutte contre les violences à l’école. Elle permet, de surcroît, à l’élève de s’adapter plus facilement et de construire un meilleur rapport à soi-même et aux autres.

Au-delà de ces éléments, ce dispositif met en relation les différents acteurs éducatifs : enseignants, animateurs et parents et favorise le dialogue social.

Au final, il s’agit de redonner du sens au projet des vacances en les inscrivant dans une dynamique de réduction des inégalités tout en réunissant autour de ces dernières les trois piliers de l’action éducative : la famille, l’école et les loisirs éducatifs. 

Convaincu, comme le disait si bien Paulo Freire, que « Personne n’éduque autrui, personne ne s’éduque seul, les hommes s’éduquent ensemble par l’intermédiaire du monde », l’objectif premier des loisirs éducatifs doit être de permettre la mise en pratique de cette idée.

 

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