Faire du cheval un allié du développement durable

par Faire à Cheval

[ CONSTAT ]

La traction animale, une voie d’avenir

La recherche de nouvelles sources d’énergie, qui soient à la fois propres et durables, constitue un enjeu majeur pour notre civilisation. L’une des solutions alternatives pour répondre à cette question est actuellement totalement écartée du débat, alors qu’elle présente de nombreux atouts, mais nécessite, il est vrai, un réel changement des modes de pensée. Alors qu’aujourd’hui l’ensemble des solutions proposées sont axées sur la technologie, il existe pourtant, à portée de main, une ressource énergétique dont la mise en œuvre est à la fois durable et efficace.

Cette solution, c’est celle de la traction animale. Les animaux, et plus particulièrement les équidés, peuvent nous accompagner vers un mode de vie plus doux, plus respectueux de notre rythme naturel, et sans aucun impact sur l’environnement, si ce n’est celui de remettre du vivant dans notre quotidien.

L’utilisation d’équidés, plus particulièrement des chevaux de trait et des races asines menacées, participe par ailleurs au développement d’un patrimoine de biodiversité domestique locale.

Or les neuf races de trait françaises sont aujourd’hui toute menacées (en 2012, moins de 150 naissances pour les races de trait auxoises et trait du nord par exemple). Plus de 80 % des naissances actuelles de poulains sont destinées à la boucherie chevaline. Or ce débouché décline fortement. Les chevaux ont accompagné l’homme dans son développement, et ils sont toujours en mesure de le faire aujourd’hui, si on veut seulement envisager concrètement cette solution.

La traction animale rencontre aujourd’hui de nombreux freins à son développement, dont la très grande majorité sont uniquement psychologiques : plus lent, moins efficace, folklorique.

Et pourtant, l’énergie animale d’aujourd’hui est capable de remplir des missions actuelles de manière tout à fait efficiente, si tant est qu’on se donne la peine d’essayer. La vitesse de circulation en ville pour des missions de service public (collecte de déchets, arrosage de fleurs, désherbage…) est comparable à celles d’engins motorisés, qui sont pourtant nettement plus coûteux en terme environnementaux. C’est bien évidemment en termes d’émissions de gaz à effet de serre (GES) que les équidés vont avoir la part belle.

Mais il existe également des effets positifs en termes de nuisances sonores et d’impacts pédologiques, avec une moindre détérioration des sols que les camions et tracteurs. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui pousse les vignerons à faire de plus en plus appel aux chevaux pour certains travaux, et ainsi assurer à la vigne un développement de long terme.

Mais au-delà de l’aspect technique, la mise en place d’équidés dans les centres-villes et les bourgs ruraux redonne de la vie à la cité, par sa simple présence. À l’heure où notre civilisation se coupe de la nature, remettre du vivant en ville constitue un véritable enjeu de société, qui prend actuellement uniquement la forme végétale. Et pourtant il serait intéressant que ce « vivant » dépasse ce seul stade végétal pour permettre aux équidés de pouvoir à nouveau nous accompagner au quotidien.

[ ENJEUX ]

Les chevaux au cœur du développement durable

L’enjeu principal concerne bien évidemment la perte d’un part de notre biodiversité domestique, avec la disparition des chevaux de trait. Les naissances de chevaux de trait diminuent de 5 à 9 % en moyenne chaque année (Source SFET – Société Française des Équidés de Travail). Avec 12 000 naissances en 2012, il faudra à ce rythme moins de 15 ans pour que les naissances passent sous la barre des 5 000 naissances. Et nos enfants croiseront bientôt certaines races de chevaux de trait uniquement dans les zoos.

Pour l’éviter, la reconnaissance des chevaux de trait comme faisant partie du panel des solutions de développement durable doit être entérinée, notamment par les organismes d’Etat à même de faire évoluer les pratiques (ADEME, agence française de la biodiversité). Les chevaux doivent sortir du carcan agricole dans lequel ils sont actuellement confinés et qui empêche de les intégrer aux énergies d’avenir.

Pour répondre aux enjeux énergétiques, on se tourne aujourd’hui vers la solution technologique comme si elle constituait à elle seule l’unique recours. Pourtant, les équidés peuvent indéniablement constituer des alliés de taille dans notre recherche de solutions énergétiques à conjuguer au futur, en constituant une alternative crédible à l’usage d’engins motorisés.

[ SOLUTIONS ]

Le réseau Faire à Cheval pour regrouper les utilisateurs d’équidés

Aujourd’hui, plus de 200 communes en France font appel au cheval et se sont regroupées en une Fédération nationale des chevaux territoriaux. Elles utilisent des chevaux intégrés à leurs équipes pour remplir des missions de service public.

Toutes reconnaissent l’apport indéniable du cheval en termes d’amélioration de la qualité de vie. Le public et les riverains plébiscitent ces actions. En Bretagne, les utilisateurs d’équidés, publics et privés, se sont regroupés au sein d’un réseau, Faire à cheval. Celui-ci recense une vingtaine de collectivités bretonnes utilisant des chevaux de manière régulière. À La Gacilly, les enfants d’une petite école rejoignent tous les jours la cantine en calèche. À Questembert, ce sont les sacs jaunes qui sont collectés tous les 15 jours avec le cheval dans le centre-ville historique. Ces pratiques sont récentes, toutes ont moins d’une dizaine d’années.

Des initiatives privées se font également jour, avec une épicerie ambulante, qui sillonne les routes de Rochefort en terre l’été, tandis que de plus en plus d’agriculteurs décident de faire appel à la traction animale pour remplacer, au moins partiellement, leur tracteur.

Au-delà de l’indépendance énergétique, tous sont en recherche de sens dans leurs activités. Les équidés aident à remettre les pieds sur terre et à reprendre pied dans une réalité de plus en plus axée sur le virtuel. Et, ce faisant, ce sont bien les animaux qui, paradoxalement, peuvent permettre aux hommes de retrouver leur part d’humanité.

 

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