Favoriser et reconnaître l’engagement des jeunes

Par l’AFEV

Association de la fondation étudiante pour la ville

 

[ CONSTAT ] 

Une jeunesse engagée mais mal considérée

L’étude Credoc/Injep du mois d’octobre pour la DJEPVA place la France en deuxième position sur le continent européen, après l’Islande, en termes de taux d’engagement des jeunes au service de l’intérêt général.

Ce chiffre démontre une nouvelle fois cette fantastique détermination des jeunes de France à s’engager.

Cette implication des jeunes est d’autant plus remarquable quand elle est mise en comparaison avec le sort peu enviable que notre société lui réserve avec un taux de sortie du système éducatif sans diplôme toujours aussi révoltant (près de 100 000 jeunes, chiffres de l’Education nationale), un pourcentage de jeunes de moins de 25 ans au chômage scandaleux (autour de 25%, chiffres du ministère du Travail), des difficultés à se loger indécentes (7 jeunes sur 10 disent avoir des difficultés à se loger, chiffres de l’Observatoire de la Jeunesse Solidaire) et une place dans les postes de décision ridicule (ex : le nombre de jeunes à l’Assemblée nationale). Nous pouvons rajouter à ce triste constat les fortes discriminations que subissent les jeunes des quartiers populaires et l’isolement des jeunes de milieux ruraux.

Malgré cet engagement massif et le sort qu’elle subit, notre société entretien avec sa jeunesse une relation complexe, ayant d’elle une image souvent négative, lui faisant le procès de l’individualisme et de l’égoïsme, elle serait en perte de repère, violente et coupée de la société réelle.

Certains souhaiteraient même l’instauration d’un Service Civique obligatoire ou encore le retour de conscription afin de contraindre un peu plus cette jeunesse qui serait incontrôlable et rétive aux valeurs de la République.

© AFEV

[ ENJEUX ]

Bâtir des parcours d’engagement 

Il apparaît essentiel de changer le rapport qu’entretient la société française à ses jeunesses, prenant en considération la pluralité de cette dernière et surtout, de réhabiliter leur place au sein de la communauté nationale.

Et c’est en partant de l’engagement concret des jeunes que nous pouvons y participer tout en défendant une autre idée de l’obligation qui ne doit pas, selon nous, reposer sur les jeunes qui n’ont nul besoin d’injonction pour s’engager, mais bien sur l’institution afin que notre système éducatif puisse accompagner et permettre à chaque jeune de construire un véritable parcours d’engagement de l’école primaire à l’université.

Ceci aurait pour mérite d’améliorer notre système éducatif en le rendant plus coopératif, favoriserait la reconnaissance de compétences nouvelles pour les élèves et renforcerait la transversalité éducative entre acteurs éducatifs et monde associatif.

Ce Parcours de Pratique d’Engagement serait progressif :

  • à l’école primaire, il serait consacré à l’initiation à l’engagement et à la coopération ;
  • au collège, à la pratique de l’engagement collectif ;
  • au lycée puis à l’université,  à la pratique de l’engagement individuel ;
  • le service civique étant le prolongement naturel pour les jeunes de cet apprentissage progressif.

Ce parcours d’apprentissage, de pratique et de reconnaissance de l’engagement serait le fruit d’une nouvelle  alliance citoyenne entre l’institution scolaire et les associations pour monter, animer et donner tout son sens à ce parcours d’engagement.

Dans l’enseignement supérieur, il faudra créer dans chaque établissement une politique favorisant l’implication des étudiants dans le lien université /quartier, un service que nous pourrions intituler responsabilité sociétale des universités (RSU). La moitié des étudiants qui font reconnaître leur engagement dans le cursus agissent aujourd’hui avec l’Afev.

Nous plaidons également pour que l’ensemble de ces pratiques citoyennes, et pas seulement le service civique, soit intégré dans le Compte Personnel d’Activité qui prévoit un compte « engagement citoyen », afin que ce parcours puisse trouver une valorisation mais aussi une poursuite effective toute au long de la vie.

[ SOLUTIONS ]

Proposer des espaces et cadres d’engagement adaptés 

Avec le triptyque bénévolat/volontariat/colocations solidaires, l’Afev a démontré sa capacité d’agir avec plus de 160 000 jeunes engagés en 25 ans d’existence. Nous avons aujourd’hui la possibilité de tendre vers une généralisation de l’engagement étudiant dans les quartiers, si cet engagement était pleinement intégré dans les politiques de vie étudiante.  

Au-delà de l’implication de milliers d’étudiants bénévoles dans des actions de solidarité que l’Afev mobilise tous les ans, nous construisons déjà un parcours d’engagement tout au long du cursus de formation et ce, en accompagnant l’émergence d’un engagement lycéen contre l’échec scolaire via l’association Socrate, association du réseau de l’Afev, qui agit aujourd’hui dans trois départements (31, 75, 93) et qui s’étendra dès la rentrée prochaine à quatre autres départements. Nous allons également initier dès l’été 2017 un projet de « colos solidaires  » en partenariat avec l’association Uniscité pour les jeunes de collège (14–15 ans) du nom de Become.

EN SAVOIR PLUS SUR L’AFEV

 

Télécharger la contribution au format PDF

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *