Lire les Écritures, un enjeu pour notre société

Par La Vie nouvelle – personnalistes et citoyens

[ CONSTAT ]

Un manque de connaissance des cultures religieuses

Les contacts sont de plus en plus fréquents entre les personnes et les communautés de croyances différentes, mais les questions religieuses sont souvent abordées sans références aux fondements. Le thème de l’immigration occulte par exemple le fait que la plupart des musulmans sont Français. Les médias n’expliquent généralement pas les données religieuses et recourent très rarement aux textes. Les échanges sont rares et souvent artificiels avec les cultures et les religions rencontrées, lors de voyages touristiques notamment.

Pourtant une recherche de sens concerne de plus en plus nos concitoyens par la recherche du respect de la laïcité et de place du religieux dans le débat public. L’instrumentalisation de la religion par des extrémistes de toutes religions et les opportunités prosélytes de la part de certains groupes qui profitent d’attentes personnelles ou communautaires sur un marché « captif » sont largement dénoncées.

Le repli sur soi peut conduire à  se doter de cadres de croyance étroit et refermés (dangers du syncrétisme, l’absence d’accompagnement pédagogique, et donc manque de clairvoyance…).

[ ENJEUX ]

Mieux connaître les textes fondateurs des religions

L’analphabétisme en matière de culture religieuse entraîne une méconnaissance de la signification des fêtes, des textes fondateurs, des symboles exploités dans l’art, et plus généralement des significations de la vie humaine. Comment assurer et développer les initiatives qui ont été prises pour enseigner le fait religieux à l’école ?

Dans notre société, on entreprend ici ou là des échanges à partir d’interprétations de rites cultuels, de coutumes, de modes de vie, d’habitudes vestimentaires… ou alors de lectures au premier degré de textes. Faute de bases solides, ces débats n’aboutissent-ils pas souvent à des amalgames (voile, sécurité, polygamie…) qui ne font évidemment pas avancer ni l’accueil ni la rencontre ?

En Europe, et notamment en France, des appartenances religieuses en profonde et rapide évolution ont suscité la définition et la promotion d’une laïcité redécouverte et généralement bien accueillie. Mais celle-ci ne prend-elle pas le risque de ne garder des religions que les valeurs, en omettant souvent de se référer à leurs textes fondateurs, qui demeurent sources de civilisation ?

Les initiatives de rapprochements œcuméniques ne s’appuient-elles pas souvent sur des malentendus historiques, sur les aires d’influence, sur les pratiques cultuelles, sur les relations interpersonnelles… plutôt que sur la lecture faite par chaque communauté croyante de leurs mêmes textes fondateurs ?

Et dans ce monde globalisé, quid des rapprochements inter-religieux et des recherches de sens : que connaissons-nous des textes fondateurs des autres religions ? En connaissons-nous ne serait-ce que le nom ?

[ SOLUTIONS ]

Un cycle de lecture des Écritures

L’association La Vie nouvelle, personnalistes et citoyens (LVN), propose depuis douze ans des sessions d’échange sur le thème « Lire les Écritures » : Torah, Bible, Coran. Pour comprendre et mieux se comprendre, un enjeu pour notre société en voie de mondialisation.

Il s’agit de mieux faire connaître les cultures religieuses par le partage d’expériences et de lecture en commun, en proposant une ouverture mutuelle de ces cultures les unes vers les autres. Ce partage d’expérience conserve un caractère laïc : il doit absolument demeurer ouvert à tous et notamment les plus jeunes, y compris aux personnes athées ou agnostiques intéressées par la découverte de ces textes.

Les questions interculturelles, doivent être traitées à partir de leurs fondements en alliant rigueur et convivialité, dans une cohabitation constructive. Dans un cadre permettant d’être ensemble à l’écoute des textes et des autres lecteurs, pour une quête active d’humanité et par conséquent de créativité.

L’objectif s’inclut dans un projet de société visant à faciliter le vivre ensemble dans le cadre de la formation permanente, de l’éducation populaire et de l’enseignement du fait religieux. La connaissance des textes anciens fondateurs fait partie du patrimoine commun de l’humanité que nous souhaitons transmettre en vivant un parcours de lecture de textes issus de la Torah, de la Bible et du Coran sous forme de regards croisés, répondant à trois questions:

→ Qu’est-ce-que lire ? Lire est une activité constructive par la participation active de chaque membre du groupe. La lecture est une pratique responsable : le lecteur, pour être véritablement libre, doit apprendre à canaliser sa lecture. Il commence souvent par croire que ses idées, ses pré-compréhensions, sont vérifiées, il semble que le texte confirme ce qu’il sait ; ou bien il apparaît à l’inverse qu’il ne comprend pas bien ce que voudrait dire le texte.

→ Qu’est-ce-que lire ensemble ? En lisant avec d’autres et par une étape de lectures croisées et d’analyse, se produisent une déstabilisation, la naissance de questionnements, une mise en doute. Dans une démarche d’apprentissage, les personnes sont invitées à pénétrer ensemble dans des textes en évitant les idées reçues et en acceptant de coopérer. Puis apparaît généralement un nouvel univers dans lequel le lecteur entre avec un étonnement plus serein, plus humble vis à vis du texte et plus tolérant vis à vis des autres lecteurs. Le lecteur est enrichi de nouvelles compréhensions rendues possibles, c’est l’étape d’appropriation.

→ La découverte des Écritures : elle consiste en une étude biblique et coranique, dans leur altérité. Il s’agira de s’ouvrir à une juste interprétation des textes présentés, de les déchiffrer en acquérant, par l’usage, les connaissances et les méthodes pour entrer dans le contenu du texte. La démarche est : lire, écouter, dire, échanger, comprendre.

 

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