Logiciel libre, société libre

Par l’April


[ CONSTAT ]

Pour une reprise en main de nos outils informatiques

L’informatique a pris une place fondamentale dans notre société et les ordinateurs sont omniprésents dans notre quotidien. Puisque les pratiques de la vie courante basculent sur l’ordinateur – réseaux sociaux, services bancaires, services publics, services hébergés centralisés –, avoir confiance dans nos outils informatiques et en garder le contrôle est un enjeu essentiel pour une société libre et pour le respect des libertés fondamentales et individuelles. Les logiciels libres offrent cette possibilité de reprendre la main sur nos outils informatiques et de protéger nos données personnelles.

Longtemps perçus comme réservés à une élite aux compétences techniques avancées, ils ont mûri et répondent désormais, de manière plus accessible, à la majeure partie des besoins du public. Certes, l’utilisation de systèmes entièrement libres sur ordinateur personnel reste encore largement minoritaire, mais la plupart des gens utilisent déjà des logiciels libres, parfois sans même le savoir : la suite bureautique LibreOffice, le navigateur Firefox et, bien sûr, le lecteur multimédia VLC et sa célèbre icône en forme de cône de signalisation. De nombreuses entreprises utilisent du logiciel libre, voire contribuent à leur développement.

Des collectivités, plutôt que d’acheter des licences coûteuses de logiciels privateurs, choisissent le recours aux logiciels libres, et misent sur le fait que l’investissement d’une collectivité va bénéficier à d’autres par le jeu de mutualisations et d’échanges, inhérent au fonctionnement du libre. Le logiciel libre est donc, en quelque sorte, l’incarnation informatique de notre devise républicaine « Liberté, Égalité, Fraternité ». Il reste malgré tout un long chemin à parcourir pour démultiplier les usages du logiciel libre et permettre à chacun de reprendre le contrôle de ses usages informatiques.

 

[ ENJEUX ]

Pour une informatique libre et loyale

Les logiciels privateurs et les services centralisés se sont attachés depuis des années à infantiliser nos rapports avec l’informatique, partant du principe que moins nous en saurions, plus nous nous comporterions en clients captifs. L’enjeu est donc de reprendre la main sur notre informatique (ordinateur personnel, téléphonie…), d’entamer avec elle un rapport plus adulte, moins passif, et de faire le choix, chaque fois que c’est possible, d’une informatique libre et loyale. Parce qu’ils peuvent être vérifiés et améliorés par tous, les logiciels libres sont un fondement essentiel pour construire une informatique qui soit au service des utilisateurs.

Il faut également mettre un frein au penchant naturel de l’industrie et de l’État de souhaiter contrôler l’informatique de tout le monde alors que nous confions aux machines une part de plus en plus grande de notre vie. Les entreprises comme Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft (souvent synthétisées sous l’acronyme GAFAM) privent leurs utilisateurs de leurs libertés sans qu’ils en soient pleinement conscients, abusent de leur confiance, récupèrent leurs données privées et accèdent à leur informatique sans permission. Il faut éviter une prise de pouvoir définitive des grandes puissances de l’Internet qui, grâce à l’ensemble des données collectées, sont capables de tout connaître et acquièrent des capacités prédictives toujours plus précises.

 

[ SOLUTIONS ]

Pour une société (du logiciel) libre

De nombreuses structures en France permettent de découvrir le logiciel libre et ses applications : groupes d’utilisateurs de logiciels libres, espaces publics numériques (EPN) et autres lieux d’initiation à l’informatique et à ses enjeux. L’ Agenda du Libre liste les organisations et les événements proches de chez vous. Partez à la rencontre de ces passionnés qui vous aideront à faire vos premier pas avec le logiciel libre ou à aller plus loin si vous êtes déjà un·e utilisateur·ice avancé·e.

Concernant les services en ligne, pour apporter une réponse à la problématique des services centralisés, et notamment le danger de profilage, l’association Framasoft propose des alternatives libres, éthiques, décentralisées et solidaires.  Elle a également lancé en 2016 le Collectif des hébergeurs alternatifs, transparents, ouverts, neutres et solidaires (Chatons). Ce projet vise à rassembler des acteurs proposant des services en ligne libres, éthiques, décentralisés et solidaires afin de permettre aux utilisateurs de trouver des alternatives aux produits des GAFAM, mais respectueux de leurs données et de leur vie privée. L’ April fait partie de ce collectif.

L’ April propose également des outils de sensibilisation diffusés sous licence libre, par exemple l’Expolibre, qui présente les enjeux du logiciel libre à l’aide de grandes affiches qui peuvent être imprimées, louées, diffusées… Ou encore un guide d’usage des logiciels libres en milieu associatif. L’association est aussi présente sur le terrain avec de nombreuses conférences et interventions.

Au-delà des démarches individuelles, il est important également de sensibiliser les élus et les pouvoir publics afin qu’ils s’inspirent, par exemple, de la démarche de la gendarmerie – qui a basculé son parc informatique vers le logiciel libre dès 2002 –, plutôt que celle de l’armée de terre – qui va probablement reconduire en 2017 un contrat léonin avec Microsoft.

L’ April participe activement à cette sensibilisation sur les enjeux éthiques, sociaux, économiques et stratégiques du logiciel libre. L’association sera très attentive aux positions qu’auront les candidats à l’élection présidentielle et aux élections législatives.
De plus en plus de personnes et d’organisations sont convaincues que les modèles fondés sur la coopération et le partage de l’information valent mieux socialement, politiquement et économiquement que ceux basés sur le contrôle d’usage et la rente. Continuons à agir pour accélérer ce mouvement et faire apparaître un monde numérique où il fait bon vivre.


EN SAVOIR PLUS SUR L’april

Cet article est diffusé sous les termes de la licence Creative Commons BY SA, version 2.0 ou ultérieure, de la licence Art libre, version 1.3 ou ultérieure, et la licence GNU FDL version 1.3 ou ultérieure.

 

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