Lutter contre le changement climatique en préservant le cycle de l’eau

Par France Libertés

[ CONSTAT ]

Le rôle clef de l’eau dans le changement climatique

Le changement climatique est devenu un sujet de préoccupation majeur pour nos sociétés. Ses effets néfastes sur l’environnement, les populations et l’économie sont largement reconnus.

D’une façon générale, et en particulier lors des négociations officielles entre États, le changement climatique est associé aux émissions de gaz à effet de serre (GES). Ainsi, lors de la 21e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21), qui a eu lieu en décembre 2015 à Paris, l’enjeu était d’aboutir à un accord sur l’atténuation des émissions de GES permettant de limiter la hausse des températures à 2°C d’ici la fin du siècle, par rapport à la période préindustrielle.

Cependant, le changement climatique est loin de se limiter à la problématique des GES. Il est clairement reconnu par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dans son cinquième rapport que le grand cycle de l’eau est affecté par les activités humaines depuis les années 1960 et qu’il est un facteur prépondérant du changement climatique

En 2050, 4 milliards de personnes, soit près de 40% de la population mondiale, vivront dans des bassins hydrographiques en situation de stress hydrique élevé. C’est par l’eau que se manifestent les impacts les plus importants et les plus sensibles du changement climatique pour les populations au travers d’événements catastrophiques : tempêtes, inondations ou sécheresses. Un lien essentiel unit le climat et le cycle de l’eau et explique une importante partie des dérèglements climatiques actuels. Mais malgré son rôle clé dans le changement climatique, l’eau n’a, depuis 2004, jamais été prise en compte dans les diverses décisions et résolutions liées à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.

[ ENJEUX ]

Préserver les équilibres dans le cycle de l’eau

Le cycle de l’eau influe directement sur le climat. Plus il y a d’eau dans l’atmosphère, plus ses effets modérateurs sur les températures et les microclimats sont importants et moins les événements climatiques extrêmes sont violents.

Pour assurer ce fragile équilibre, il faut maintenir la stabilité des précipitations et des processus d’évaporation et d’infiltration de l’eau dans le sol. Les activités humaines sont responsables des perturbations du cycle de l’eau car elles rompent l’équilibre entre ces phénomènes.  

En 2014, 70 % des prélèvements d’eau dans le monde étaient destinés aux cultures irriguées. Sans une amélioration de l’efficacité des techniques agricoles, les prélèvements d’eau dans le monde pour l’agriculture devraient augmenter d’environ 20 % d’ici à 2050. Cette situation est d’autant plus grave que le changement climatique a déjà un impact négatif sur le rendement de la plupart des cultures agricoles et sur la sécurité alimentaire de nombreuses populations. Quels modèles agricoles permettent de mieux utiliser et protéger les ressources en eau, tout en assurant une production agricole suffisante pour nourrir les populations ?

La déforestation est aussi une activité néfaste pour le cycle de l’eau et les concentrations de GES dans l’atmosphère. Les forêts absorbent le gaz carbonique et ont un rôle fondamental dans l’infiltration de l’eau, le rechargement des nappes phréatiques et la formation de nuages par évapotranspiration des végétaux. Chaque année pourtant, plus de 13 millions d’hectares de forêt disparaissent dans le monde, contribuant de fait à la désertification. Comment lutter contre ce phénomène ?

L’urbanisation, en artificialisant et imperméabilisant les sols, contribue pour beaucoup à la dégradation des microclimats. L’assainissement et ses réseaux, sous leur forme standard, ne permettent pas aux eaux usées, même traitées, de s’infiltrer dans les sols et de ré-intégrer le cycle local de l’eau. Les eaux des toitures et des rues imperméabilisées sont directement conduites par les réseaux d’assainissement aux stations d’épuration puis rejetées dans les rivières puis les mers et océans, quittant les cycles locaux de l’eau. La ville rejette ainsi son eau plutôt qu’elle ne l’intègre. Comment restaurer en ville les espaces naturels où les précipitations peuvent tomber, s’écouler et s’infiltrer ?

Certaines pratiques industrielles affectent gravement le cycle local de l’eau et le climat. Elles utilisent les ressources en eau en grande quantité, ainsi que des produits chimiques toxiques ensuite reversés, sans traitement adéquat dans de très nombreux pays, dans les rivières. Le secteur de l’énergie (charbon, gaz de schiste, etc.) est particulièrement concerné. Quelles solutions existent pour limiter l’impact de ces pratiques industrielles sur le cycle de l’eau et le climat ?

© France Libertés –  Schéma du cycle de l’eau 

[ SOLUTIONS ]

Des pistes pour restaurer le cycle de l’eau

France Libertés, en lien avec ses partenaires du réseau Eau, Planète et Peuples, met en valeur des alternatives et bonnes pratiques permettant de concilier activités humaines et climat et de renforcer le grand cycle de l’eau. Certaines sont recensées dans la brochure « Eau et Climat. Rendons l’eau à la terre pour restaurer le climat ».   

Principales pistes de solutions :

  • En agriculture : favoriser le développement de l’agriculture de conservation, de l’agroécologie, de l’agriculture familiale ou encore de la permaculture.
  • Forêts : soutenir le reboisement ou l’exploitation durable et raisonnée des forêts pour restaurer le cycle de l’eau dans ces espaces et lutter contre la désertification.
  • Urbanisation : mettre en place des dispositifs permettant à l’eau de pluie de ne pas quitter les bassins versants pour rétablir les microclimats en ville, mais aussi traiter les eaux usées pour qu’elles puissent s’infiltrer sur place. Il s’agit de « désimperméabiliser » les villes et d’y faire revenir la nature.
  • Industrie : des alternatives existent comme la réutilisation totale des eaux usées dans les usines, ou encore l’utilisation d’énergies renouvelables (solaire, éolien, biogaz, etc.) au lieu d’énergies fossiles.

Nous pouvons tous agir pour enclencher de justes transitions énergétiques, sociales, économiques et politiques de nos sociétés pour restaurer le cycle de l’eau et lutter contre le changement climatique.

 

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