Le pouvoir d’agir, un moteur d’inclusion

Par les Cités d’Or

[ CONSTAT ]

Le « décrochage » d’une partie de la jeunesse

Depuis des décennies, chaque année, 130 000 jeunes sur 700 000 (soit un jeune sur 5) quittent le système de formation initiale sans qualification, sans diplôme et sans horizon.

Ils sont aujourd’hui près de deuxmillions de jeunes de 16 à 29 ans (17% de la catégorie concernée) à ne suivre ni études, ni formation, et à ne pas avoir d’emploi – les fameux « NEETs » (Not in Education, Employment or Training – ni étudiant, ni employé, ni stagiaire) chers aux statisticiens européens.

Parmi eux, près de 900 000 jeunes sont sortis des radars institutionnels, ayant y compris renoncé à toute recherche d’emploi ou de formation.

 

C’est donc une large partie de notre jeunesse qui est aujourd’hui éloignée de toute expression politique, économique et sociale, et qui perd progressivement pied par rapport à la société.

 

[ ENJEUX ]

Devenir citoyen, un apprentissage

La participation citoyenne ne se décrète pas. Elle est d’abord affaire de confiance. Confiance en soi, dans le fait d’avoir une expérience, un regard, une contribution singulière, peut-être modeste mais irremplaçable, à apporter au débat public. Confiance également dans les institutions qui appellent à participer : sont-elles légitimes et crédibles ? Peuvent-elles garantir que l’expression de chaque voix sera entendue et prise en compte ?

Mais même lorsque la confiance est au rendez-vous, la participation citoyenne est un art qui ne s’improvise pas, et qui suppose des compétences – des savoirs, des savoir-faire et des savoir-être – civiques sans lesquelles la participation devient un simulacre à travers lequel les mieux armés ceux qui savent le mieux trouver et manier les mots, les concepts, les informations, les réseaux…) l’emporteront nécessairement sur les moins bien armés. En d’autres termes, on ne naît pas citoyen, mais on le devient.

 Et s’il est indéniable qu’il s’agit d’une affaire éthique de conscience et de responsabilité par rapport aux affaires de la cité, il s’agit aussi d’une affaire technique de compétences civiques que l’école peine à transmettre.

 

© Les Cités d’Or

 

[ SOLUTIONS ]

L’inclusion par l’humain

Depuis 2007, le mouvement pédagogique et civique des Cités d’Or explore ces dimensions et tente d’apporter des éléments de réponse concrets à une question aussi simple que redoutable : « de quelles compétences humaines et civiques fondamentales avons-nous tous besoin – quels que soient notre âge et notre situation – pour devenir pleinement acteurs de nos vie et de la société ? ».

Ainsi, les Cités d’Or ont mis en place une pédagogique par projets qui permet à des jeunes (16–30 ans) d’explorer concrètement cinq cinq piliers humains et civiques :

convaincre sans manipuler

Argumenter un point de vue de façon claire et articulée, défendre ses convictions tout en restant à l’écoute de l’autre, être capable d’entrer dans un débat, d’identifier et de démonter les principaux outils de la manipulation, autant d’éléments qui sont indispensables au citoyen qui entend jouer son rôle.

S’informer à travers des sources fiables et pertinentes

Les choix que nous posons sont fonction des informations dont nous disposons. Mais où et comment s’informer à l’heure d’Internet et d’une information qui n’a jamais été aussi accessible et abondante ? Comment distinguer l’info de l’intox dans un univers où fleurissent les approximations, rumeurs et propagandes de toutes natures, qu’elles soient politiques, religieuses ou commerciales ?

cultiver confiance en soi et conscience de soi

À travers le théâtre, il est possible de travailler sur son corps pour l’habiter de façon sereine et travailler ses sens pour affiner ses perceptions. Il est possible d’identifier ses verrous intimes (peurs, angoisses, inhibitions) pour les objectiver et les mettre à distance. Il est possible enfin de travailler sur les décalages parfois abyssaux qui existent entre l’image qu’on a de soi et l’image que l’on renvoie aux autres.

© Les Cités d’Or – E.B. Guillotiere – Jeu de l’empathie

entretenir et enrichir son environnement humain 

La personne vit et grandit des liens qu’elle tisse avec son environnement (famille, voisinage, quartier ou réseau social plus vaste). Participer à la vie de la cité, c’est donc aussi devenir acteur de lien social. Là encore, il ne s’agit pas seulement de posture, mais aussi d’outils pour devenir pleinement porteur et diffuseur de sens autour de soi, alimenter et faire vivre des collectifs qui ambitionnent d’avoir prise sur leur environnement.

comprendre le fonctionnement du monde contemporain 

Le désengagement civique se nourrit du sentiment de ne pas comprendre le monde qui nous entoure, et de ne pas avoir de prise sur lui. Certes, le monde est complexe et les enjeux nombreux. Pour autant, il est possible de partager et d’explorer des grilles d’analyse et de lecture du monde. La géopolitique n’est pas une affaire d’expert, elle est un formidable matériau d’éducation populaire, et un inépuisable sujet de réflexion pour une jeune génération qu’on dit à tort indifférente à la chose politique.


 

La démarche repose sur la matérialité d’un projet au résultat valorisant (être reconnu dans sa contribution). Elle repose sur le questionnement plus que sur les réponses toutes faites, sur la liberté de parole et le co-apprentissage. En effet, dans la mesure où les compétences explorées relèvent de fondamentaux humains et civiques, personne n’en est complètement dénué.

Ainsi, chacun devient simultanément enseigné et enseignant dans le processus. Il s’agit de partager des outils techniques, dont chaque participant pourra vérifier l’efficacité dans sa vie quotidienne, et de faire en sorte que cette exploration technique soit toujours l’occasion d’une interrogation éthique. Que me disent ces outils de mon rapport à moi-même, aux autres, au monde ? Existe-t-il dans mon quotidien une adéquation entre mes pensées, mes paroles et mes actes ? Suis juste avec les autres (au double sens de la justice et de la justesse) ? Quel sens je donne à la vie en général, à ma vie en particulier, à la société, voire à l’histoire ?

 C’est à ce prix que les citoyens peuvent développer envie et pouvoir d’agir, et donner sens à cette action.

 

EN SAVOIR PLUS SUR les cités d’or

 

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