Sensibiliser à la biodiversité

Par le REFEDD

Réseau français des étudiants pour le développement durable

 

[ CONSTAT ]

Crise existentielle

Si l’année 2010 a été déclarée « Année internationale de la biodiversité » par l’Organisation des Nations Unies (ONU), la protection de la biodiversité reste un combat constant. En 1992, la Convention sur la diversité biologique de l’ONU définit la biodiversité comme la « variabilité des organismes terrestres et aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie ; cela comprend la diversité au sein des espèces et entre espèces ainsi que celle des écosystèmes » (ONU, 1992).

La biodiversité subit aujourd’hui une crise existentielle d’amplitude mondiale. Son rythme d’érosion s’accélère et les pressions anthropiques s’intensifient : agriculture et élevage intensifs, déforestation, surpêche, industrialisation et augmentation du taux d’urbanisation. Malgré la volonté de l’ONU, le rapport du Global Biodiversity Outlook (GBO) de 2010 montre que malgré le ralentissement de la déforestation de l’Amazonie brésilienne, cette pratique perdure dans de nombreuses autres zones tropicales (Secretariat of the Convention on Biological Diversity (SCBD, 2014), participant à la destruction d’habitats et à la disparition de nombreuses espèces. Cette augmentation de la déforestation est particulièrement inquiétante au regard du rôle joué par les forêts tropicales dans le maintien de la biodiversité.

En ce qui concerne le milieu aquatique, le Global biodiversity Outlook de 2010 fait le constat que la surpêche est encore plus importante que les années précédentes. En effet, les stocks de poissons vont être épuisés très rapidement. Depuis 2008 un comité quantifie chaque année les bénéfices que tirent les hommes des écosystèmes et les réserves de ces derniers. Or, ces réserves s’épuisent très rapidement. De plus, l’activité humaine a engendré une perte de diversité qui, si elle se poursuit, sera comparable aux cinq crises majeures passées (Richard Leakey et Roger Lewin, La sixième extinction 1996).

La différence entre ces cinq crises et la sixième est le rôle joué par l’être humain dans cette dernière.

 

D’après le rapport de la Wild World Foundation en 2016, les populations mondiales de poissons, d’oiseaux, de mammifères, d’amphibiens et de reptiles ont chuté de 58% entre 1970 et 2012. Si la tendance se poursuit, un déclin de 67% de la biodiversité d’ici 2020 pourrait être atteint.

 

[ ENJEUX ]

Techniques à promouvoir

Pour faire face à ces enjeux, il apparaît nécessaire de généraliser les techniques agricoles qui respectent l’environnement telles la permaculture, l’agro-écologie et l’agro-foresterie. Cela permettrait de réduire voire de cesser l’utilisation de pesticides dont les composés chimiques saturent le sol. Ces techniques favorisent le développement d’insectes prédateurs permettant de réguler les populations de nuisibles présentes dans les cultures. Elles favorisent la mise en place de cultures mixtes évitant qu’un parasite ravage toute la culture, ce qui se produit généralement avec les monocultures de l’agriculture intensive.

Le risque de surpêche est également majeur et doit être prioritaire dans l’agenda du prochain quinquennat. Les techniques de pêche industrielles détruisent un grand nombre de récifs sous-marins, détruisant une partie de la biodiversité et surexploitant la seconde. Des techniques de pêche plus durables doivent être mises en place dans les prochaines années. Les années à venir doivent également se concentrer sur la concrétisation des objectifs fixés par le Global Biodiversity Outlook de 2010 en gardant à l’esprit que ces objectifs définis pour 2011–2020 ont pour but de stopper la perte de biodiversité à l’horizon 2050.

 

[ SOLUTIONS ]

Associations en action

Un grand nombre d’associations participent à la vulgarisation et au maintien de la biodiversité. C’est le cas du Groupe Naturaliste de l’Université de Montpellier (GNUM) qui porte de nombreux projets tels que des ruchers au sein de la Faculté des Sciences, des sorties naturalistes ou encore le dispositif Inventaire Fac, projet de sciences participatives permettant de recenser la biodiversité au sein des campus universitaires (GNUM, 2016).

La réalisation du projet Inventaire Fac initie les étudiants mais aussi les fonctionnaires et personnels techniques à l’identification floristique et faunistique dans leur environnement immédiat. Ces projets ainsi que de nombreuses conférences sensibilisent et forment un maximum de personnes à ce qu’est la biodiversité, son importance et sa beauté.

Tela botanica, une autre association implantée à Montpellier, a également mis en place un certain nombre de projets de sciences participatives pour recenser la flore en développant notamment une application appelée « Plant net », laquelle permet l’identification d’un végétal par simple photo permettant de donner l’envie de connaître et de protéger la flore à un grand nombre de personnes. Au même titre, l’association des Écologistes de l’Euzière participe à la sauvegarde de la biodiversité en organisant un certain nombre de sorties naturalistes.

 

En savoir plus sur le REFEDD

 


Bibliographie​ :

  • GNUM, 2016. Association Groupe Naturaliste de l’Université de Montpellier
  • Organisation des nations unies, 1992. Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement. Convention sur la diversité biologique, 1992.
  • G.Pison, 2011, Population et société n°482 “Sept milliards d’êtres humains aujourd’hui, combien demain ?”
  • SCDB, 2010. À propos de la biodiversité. Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique. 
  • SCBD, 2014. 4ème édition des Perspectives mondiales de la diversité biologique. Montréal, 155 pages. Wild World Foundation, 2016, Living Planet Report “Risk and resilience in a new era”

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